Projet perso

Vous trouverez le travail du projet perso ici :

www.pilparis.org/projetperso

 

Le projet personnel de l’élève au cœur du dispositif de rescolarisation

(recherche-action deuxième année)

 

Préambule

 

Cette contribution fait suite au travail publié en 2001-2002 (http://innovalo.scola.ac-paris.fr). L’équipe, tout en gardant les principes fondateurs, a procédé à des aménagements pédagogiques afin de mieux prendre en charge l’hétérogénéité de la population accueillie. Par un « effet retour », les résultats des actions entreprises interrogent en permanence la structure. L’ajustement et le réajustement comme méthodologie de travail collectif c’est ce qui doit nous permettre de rester en mouvement.

 

Introduction

 

Le cœur de notre action est bien de permettre l’émergence et la réalisation d’un projet personnel de formation et d’orientation pour chacun au sein d’un dispositif de raccrochage scolaire.

Cet objectif prend effet dès le rendez-vous d’entretien, en mai-juin. La pré-rentrée fin juin, l’intégration dans un groupe en septembre, puis la circulation vers d’autres groupes tout au long de l’année sont autant de moments forts pour la construction de ce projet.

Ce parcours va se réaliser

  • dans des lieux (le lycée, les stages dans la ville, les lieux ressources,  le CIDJ, divers CIO, des entreprises, des associations…),
  • dans des temps (activités pédagogiques et éducatives diversifiées : cours, soutien, accompagnement, re-médiations, ateliers, tutorat individuel ou collectif , groupes de projet personnel ou de parole)
  • avec des rythmes (semaine, séquence de 7 ou 8 semaines, semestre, année) très  variés.

Pour suivre ces évolutions les temps forts sont : dans la semaine les rendez-vous de tutorat, le groupe de projet personnel ; dans l’année les bilans et conseils de progrès à chaque fin de séquence et les conseils de classe à la fin de chaque semestre.

Il apparaît bien que ces échéances vont faciliter  l’évolution de notre organisation et la circulation des jeunes au sein de ces réorganisations. Elles concernent les  activités, les  répartitions horaires, l’aménagement des contenus proposés, la constitution des groupes.

L’ interactivité entre l’évolution individuelle et le cadre collectif doit permettre à chacun de faire avancer son projet tout en préservant la cohérence du dispositif.

I) Une année de détermination au Lycée Intégral :

 

Qui accueillons-nous ?

 

Le dispositif de raccrochage scolaire (voir http://lvpe-li.scola.ac-paris.fr), pôle des pédagogies spécifiques du lycée Jean Lurçat, est constitué de plusieurs classes « dites de rêve » qui ont chacune leurs spécificités et constituent « un lycée inimaginable ». (Les Décrocheurs d’école G.Longhi/N.Guibert (Ed de La Martinière)).

Une telle organisation  offre aux jeunes, en interne, des possibilités de réorienter leurs projets ; nous nous   intéresserons  plus spécifiquement ici à des jeunes du Lycée Intégral.

Pour l’essentiel, nous recevons en entretien d’accueil des « refuzniks, exclus de tout autre établissement, au niveau de seconde ou de première. Nous leur faisons cadeau du passif, leur accordons un moratoire pour l’orientation, les niveaux, l’exclusion. Cette perspective permet d’ouvrir un projet, de re-conjuguer le futur en étudiant à nouveau. ».

Il s’agit de véritables décrocheurs, restés souvent plusieurs mois sans scolarité.

Nous n’accueillons pas « des jeunes en rébellion qui cherchent une scolarité pour convenances personnelles, nous nous heurtons également  aux quatre butoirs suivants : l’analphabétisme réel ou la non francophonie, les pathologies mentales ou déficiences intellectuelles, l’absence de discernement de l’élève, l’utilitarisme administratif, social et judiciaire ».

Ces critères montrent d’évidence la diversité des candidats au raccrochage, la multiplicité des motivations et des projets  formulés et le challenge que souhaite relever l’équipe..

 

L’entretien et la pré-rentrée

 

Lors de ce premier rendez-vous nous allons, parmi de nombreux critères, essayer d’évaluer le degré de motivation de l’élève dans sa démarche  volontaire de reprendre une scolarité. La pré-rentrée a lieu, fin juin, quelques jours après cet entretien, c’est donc, pour lui, la première occasion de nous montrer que nous avons eu raison de lui faire confiance.

Puis tout au long de l’année il faudra vérifier cette motivation à reprendre une scolarité, prendre acte des allers-retours entre le projet de départ, (vague idée ou idée fixe) et les résultats, l’attitude, les moyens que l’on se donne pour y parvenir.

Nous engageons une relation qui doit aider l’élève à éviter les erreurs de choix ; il a pu pendant l’entretien, consciemment ou non, « réorganiser » ses motivations, imaginer un avenir en fonction de  ses représentations du monde social et/ou scolaire.

Y a –t-il adéquation entre ses désirs et les possibilités du dispositif ? c’est notamment l’enjeu de ces premiers moments. L’équipe, le tuteur,  l’ élève vont garder la mémoire de ces paroles, de ces engagements, de ces propositions, si l’élève a menti ou s’est menti ces références aideront à repositionner le projet.

Il se noue dans ces premiers temps fondateurs un premier pacte moral, ils vont aussi prédéterminer l’appartenance aux premiers groupes de travail  : secondes, module de détermination, première L ou première STT.

 

Cœur du dispositif la gestion des groupes a toujours évolué chaque année, nous verrons plus loin, ce que l’équipe propose pour la rentrée prochaine après analyse du fonctionnement de cette année.

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